Atelier • Aula Cervantes

Retour sur un atelier que nous avons réalisé à l’Aula Cervantes (Institut Espagnol de Dakar) mardi dernier. Le but de ce rendez-vous était de réfléchir avec des acteurs de la promotion culturelle à des utilisations possibles d’un FabLab dans le cadre de la création artistique.


Après une courte présentation des pistes artistiques explorées dans différents FabLabs existants (notamment du côté de l’interaction, de la gravure de dessins/portraits, du moulage, du scan 3D, de la micro-architecture, de la construction modulaire…), nous ouvrons la discussion sur les besoins que rencontrent les acteurs culturels à Dakar.
Le premier point soulevé est la place: les artistes manquent d’endroits adaptés pour s’entraîner, pratiquer, répéter. L’idée d’un atelier qui puisse héberger différentes activités artistiques fait sens. Il faudrait alors que cet espace soit aménageable pour différents besoins: on évoque des cloisons, des écrans, des parois ayant des propriétés acoustiques, du mobilier démontable… on dérive du caractère de production/fabrication du FabLab à celui d’un espace à vivre, et partagé.
Des questions sont posées sur la protection des droits d’auteurs, assez récurrente lors de nos échanges: dans un espace partagé, comment s’assurer que personne ne copie mon projet? La dimension open-source n’est-elle pas en contradiction avec la protection des oeuvre? Le débat est lancé.


Nous passons ensuite à une réflexion plus ouverte autour du plateau de jeu. Les idées proposées tournent autour des thèmes suivants:
• Concevoir des machines assistées par ordinateur pour certains besoins spécifiques de la création artistique. L’exemple évoqué est celui de la peinture en grand format ou murale: les peintres ont souvent du mal à reproduire leurs couleurs. Pourrait-on imaginer un système pour leur permettre de doser les pigments, et avoir une coloration uniforme? Le support imaginé est un logiciel.
• Outiller le spectacle itinérant: de nombreuses compagnies (théâtre, musique, danse…) cherchent à se produire en dehors de Dakar. Or non seulement les conditions de transport ne sont pas faciles, mais également le matériel de scène n’est souvent pas adapté au déplacement. Pourrait-on imaginer de l’équipement démontable, ou modulaire?
• Encourager la récupération, pratique déjà très présente dans les arts sénégalais, notamment la tôle d’alu et le plastique. Des machines pourraient-elles aider à transformer ces matériaux en supports plus utilisables? De nombreux projets existent déjà de ce côté là: on évoque par exemple la broyeuse / extrudeuse réalisée par le collectif Usinette dans le cadre de la Biennale de Dakar.
• La réutilisation peut également servir directement dans la création artistique: pourrait-on imaginer des décors en éléments de récup, des costumes, voire de nouveaux instruments de musique? Ce qui serait aussi un manière de s’impliquer localement, dans le quartier où le spectacle va avoir lieu, pour organiser une récupération collective des objets?
Nous évoquons pour finir la nécessité de supports pour communiquer et documenter l’activité des artistes sénégalais: réaliser des documentaires (web et télé), des bonnes prises de vues des oeuvres, faciliter la vente en ligne et la création de sites internet, utiliser les réseaux sociaux à bon escient.

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