[ BootCamp Innovafrica ] /// c’est parti … !
Après quelques longs mois de pause, le chantier du projet FabLab est réouvert à travers le BootCamp co-organisé par Imagination for People et JokkoLabs en préparation du forum Innovafrica à Dakar! Au programme : monter quelques machines, et rassembler la communauté des porteurs de projets FabLabs en Afrique de l’Ouest autour de questions communes. Sont présents ce mardi 20 novembre (jour de lancement du bootcamp) : l’équipe de Imagination for People (Sylvain Maire, Denis Van Riet et Alban Tiberghien) ainsi que des participants et intervenants venus du Mali (Dramane Coulibali), du Burkina (Gildas Guiella), du Togo et de France.
La journée commence avec le montage d’une fraiseuse sous les conseils avisés de Mathias Wehrung, de NYBI.CC à Nantes. On assemble, on trie, on colle. En parallèle, Alban lance un "Carto camp" qui va durer toute la semaine. Mission : concevoir un outil de cartographie numérique pour la ville de Dakar.
Le Bootcamp se tient dans l’annexe de l’ISM (Point E) et est ouvert au public. Les journées sont consacrées aux ateliers, et les participants partagent leurs avancées au public tous les jours de 17h à 19h. Venez nombreux! Suite à cela, le Forum Innovafrica aura lieu, également à l’ISM, et sera l’occasion de trois jours d’ateliers sur les FabLabs en Afrique de l’ouest. On y abordera les questions des machines (avec Emmanuel Guilloz, créateur de la désormais célèbre Foldarap), du financement participatif et des outils en ligne (par Thomas Ragot et moi même), et du montage des projets FabLabs sur les territoires de façon plus générale (réflexion animée par Jean Michel Cornu et Karim Sy).
Ci-joint le programme détaillé du Forum.
Mbeubeuss
On nous en parle depuis le début du projet comme l’épicentre de l’économie du recyclage à Dakar, il fallait qu’on aille y voir par nous même: aujourd’hui c’est à la décharge de Mbeubeuss, à 70 km de Dakar, que nous nous rendons, en compagnie de Pape Ousmane, qui vient grossir l’équipe des FabLab explorers. Pape est développeur web de métier, mais avant tout un observateur engagé de la société contemporaine: bloggeur et photographe, il est l’un des membres fondateurs de l’initiative Sunu2012, qui a joué un rôle prédominant dans la communication de la parole publique, lors des élections présidentielles en début d’année.
Motivés par l’expérience de la veille (atelier Open Street Map avec HOT et mise en ligne d’une carto collaborative pour Jokko[FabLab]) nous partons avec deux missions: récolter des informations pour le projet (concernant les pratiques de récupération sur la décharge, le cours des matériaux, le transport, etc.) et améliorer la couverture Open Street Map de base de cette zone relativement peu balisée, via des GPS. Cette expédition est un test pour voir si "FabLab exploration" et cartographie sont des exercices compatibles!
Une petite heure de taxi, nous traversons Keur Massar et nous y voilà: Mbeubeuss, le World Trade Center du déchet. Cet endroit, nous le connaissons en images car Mbeubeuss est au moins aussi photographiée, filmée et étudiée que la décharge de Gramacho au Brésil. Un objet de curiosité et d’étude, une croisade pour de nombreuses organisations sanitaires et pour la défense des droits de l’homme, mais avant tout le plus brillant exemple d’un développement économique paradoxal, puisque cette montagne de déchets constitue pour des centaines de personnes une mine à ciel ouvert.

Ici nous ne sommes que des visiteurs en plus. Des industriels, des ambassadeurs, des maires, des sociologues, des cinéastes, des entrepreneurs… et même Dominique Voynet ont déjà foulé ces sols. Les gens nous accueillent avec une certaine fierté.
Nous rencontrons le président du Syndicat des récupérateurs, qui nous explique le business de la récupération sur la décharge. À Mbeubeuss, environs 2500 récupérateurs travaillent quotidiennement, et la plupart habitent les lieux. L’État ne reconnaît là dessus qu’une trentaine d’emplois formels, ce qui fait que l’essentiel de l’activité est du domaine du marché noir. Les «récupérateurs» sont missionnés par des clients externes (entreprises de construction, industrie du recyclage, de la fabrication, etc.) pour fournir un certain nombre de kilogrammes de matériaux. Les ressources les plus prisées sont le plastique (PET, PP, etc.) les métaux (laiton, cuivre, bronze, alu, acier, métaux rares) et le verre. Le rôle du Syndicat est de coordonner le lien entre l’entreprise cliente et les travailleurs. «Si quelqu’un veut 3 tonnes de bouteilles en plastiques, on lui affecte une équipe de 7 récupérateurs, sur plusieurs jours. Le client paye la matière au poids». Les travailleurs vont au plus offrant, car aucune régulation des prix n’est mise en place. Dans ce fonctionnement ultra-libéral, la concurrence est féroce. On nous explique que des entreprises étrangères (chinoises, indiennes, pakistanaises, portugaises, italiennes, et espagnoles) viennent ici récupérer des déchets aux prix locaux (c’est-à-dire très bas) pour les recycler chez eux. Il arrive même qu’une entreprise envoie des travailleurs étrangers. Le deal est alors le suivant: la décharge accueille et nourrit le récupérateur (camerounais, togolais ou autre…), mais il ne reçoit sa paye que lorsqu’il est retourné au pays… pour éviter évidemment qu’il ne monte son propre business sur place.
Protéger les intérêts des récupérateurs sénégalais est donc une tâche difficile, nous explique le Président de l’association. L’activité de la décharge n’étant pas reconnue comme une source d’emplois formels, les récupérateurs ne disposent quasiment d’aucune infrastructure, sauf celle qui est allouée à la commune de Keur Masaar. De nombreux projets sont en cours pour améliorer les conditions de vie des familles de récupérateurs: création d’un centre de tri à proximité de la décharge, et d’une maternité, affectation d’une ambulance à la zone de la décharge. Malgré cela, l’avenir de Mbeubeuss est incertain: de nombreux organismes font pression auprès du gouvernement pour sa fermeture, en raison des conditions hygiéniques et environnementales très mauvaises. Mais fermer Mbeubeuss signifie ouvrir une autre décharge ailleurs: or quel territoire peut prendre en charge les 2500 travailleurs qui risquent de perdre leur emploi du jour au lendemain? Telle une grande entreprise, Mbeubeuss connaît les contradictions de l’économie qui lui a donné naissance: une économie à la fois consumériste – dévastatrice pour un pays en développement – et libérale, puisque les déchets sont loin d’être les derniers maillons d’un circuit monétaire où les plus petits profits sont une question de survie.
Il est impossible pour les occidentaux que nous sommes de porter un jugement sur la situation à Mbeubeuss, qui est loin d’être un cas isolé au Sénégal. Ici les questions de FabLab, d’auto-production ou de circuits courts s’effacent: on est face au capitalisme mondial.
Cependant notre entretien avec le Président du Syndicat des Récupérateurs est riche en enseignements: nous comprenons comment se fait la collecte des déchets dans la conurbation de Dakar, et comment les entreprises locales investissent cette source d’approvisionnement. Quelques questions se posent: comment préserver les matières recyclables avant qu’elles ne soient dégradées par l’environnement de la décharge? (Tri à part, collectes en parallèle…). Quelles machines peut-on imaginer pour rendre les matières recyclables plus exploitables pour l’industrie… et cet équipement pourrait-il servir au corps de métier initial de la récupération? Comment enfin faciliter la collecte au sein même de la décharge, notamment de matériaux précieux et rares? Les contradictions de la décharge de Mbeubeuss dépasse de loin le projet de FabLab, mais nous donne un autre angle de vue sur la récupération dans le contexte sénégalais.
Pour en savoir plus, un excellent article sur Keur Massar / Mbeubeuss dans Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Keur_Massar
Dakar-tographie OSM / bilan sur JokkoFabLab J26
Après quatre semaines d’exploration, il est temps de faire le point sur la première étape de Jokko[FabLab]. Ce Samedi, nous organisons une restitution des premiers enseignements acquis pour le projet. L’événement est co-organisé avec une équipe de la communauté Open Street Map (projet de cartographie universelle en open-source), missionné par l’organisme HOT- Humanitarian Open Street Map Team – pour organiser une série d’ateliers à Dakar. Ensemble, nous cherchons à voir comment la cartographie peut devenir un support collaboratif pour un projet dont la dimension «multi-acteurs» est centrale, comme JokkoFabLab.
1. Faire le bilan sur JokkoFabLab.
Karim Sy ouvre la séance en rappelant l’enjeu du projet à l’heure actuelle. Loin de vouloir monter un FabLab de toutes pièces, la position de JokkoLabs est bien de coordonner le dialogue avec des acteurs locaux, afin de définir ensemble les conditions d’un FabLab «sur mesure» pour Dakar, et plus largement au Sénégal. Lancer la conversation, en somme.

Puis nous faisons un bref retour sur les différentes étapes de cette phase d’exploration.
• des présentations / ateliers pour envisager «l’outil» FabLab sous différents angles, avec des acteurs venant du monde de la fabrication (artisans, artistes, industriels, récupérateurs, réparateurs, bricoleurs), du monde de la culture (associations, industries créatives, médiateurs culturels), de l’entrepreunariat et du numérique.

• une exploration à plusieurs, avec l’équipe de JokkoLabs et les «FabLab Explorers», membres clé du projet, afin de recenser les ressources en terme de fabrication et de numérique: centres artistiques et artisanaux, lieux de récup’ et de bricolage informatique, lieux d’approvisonnement en matières premières, centres de formation, lieu de recyclage, etc. Ressources, compétences et pratiques allant du plus informel, comme la deuxième économie de l’alu dans la banlieue de Colobane, au plus institutionnel comme les Manufactures de Thiès, qui nous ont ouvert leurs portes récemment.
• des rencontres, des interviews, des visites: avec des porteurs de projets, des inventeurs, des bricoleurs, des passionnés… !
De nombreux retours sur cette restitution, car certains participants n’ont connu le projet qu’à travers le blog.
Les premières questions tournent autour de l’échelle de production que permet un FabLab: expérimentation, prototypage ou petite série? De fait l’artisanat local doit faire face à la concurrence asiatique, qui occupe le marché avec des produits en très grande quantité et une qualité inégale. Il faut donc savoir ce que le FabLab peut apporter concrètement en termes de compétitivité pour les fabricants locaux. La question d’outils sur mesure, qui ne sont peut être pas présents dans la définition relativement occidentale du FabLab axée sur le prototypage (impression 3D / fraisage / découpe laser…) se pose réellement.
Le modèle de l’atelier commun est évoqué comme quelque chose qui existe déjà sous une autre forme. «Les artisans se regroupent en clusters informels, comme les cordonniers du côté de la Medina, ou encore les femmes de la région de Kédougou qui produisent du beurre de karité. Cela crée de la compétitivité, des formes de collaboration, mais pas forcément l’émergence de projets communs». Partager une ressource est donc un projet délicat à mener, dans un contexte économique précaire. La question de la propriété intellectuelle est également mentionnée.
Autre question: comment se définit le mode «contributif» du FabLab? Qu’est ce qui réunit les porteurs de ce projet et les utilisateurs? On évoque des différences culturelles entre la logique «open» occidentale et celle de compétitivité des pays en voie de développement.
Karim réouvre le débat en donnant une perspective plus globale: les FabLabs, petites unités d’expérimentation et de fabrication, modèles ouverts à réinventer et à dupliquer, ont avant tout pour intérêt de changer les manières de penser: ils doivent rester des tiers lieux, permettre la coopération et le lancement de projets locaux. Ils n’ont pas pour vocation à devenir des usines, ni à incuber des projets de A à Z. En ce sens on peut imaginer qu’ils sont transitoires. La question se pose alors de savoir comment un projet peut passer du FabLab à l’industrie : on évoque des cas concrets: couveuse à oeufs, brûleurs à gaz, équipement solaire…
2. Parler de la suite…
Avenir proche: un Boot Camp, ou atelier de construction de machines, en Août. Puis l’expérimentation de petits projets pilotes, dans différentes conditions de production. Le but est d’avoir un FabLab en version bêta, qui puisse être «hébergé» par différents porteurs de projets. A l’issu de cela, plusieurs orientations pourront être définies, ce qui lancera peut être… plusieurs FabLabs.
3. Se donner des outils.
Pour continuer le travail d’exploration, et avancer vers la phase suivante – c’est à dire la constitution de communautés autour des différentes pistes de FabLabs – des outils collaboratifs sont à inventer. Le premier que nous sommes en mesure de présenter est une cartographie en ligne.
Tout est parti d’une carte de Dakar que nous avons mis à jour au fil de nos explorations, qui nous a servi à marquer géographiquement les différents lieux parcourus. Initialement prévu comme un simple appui, le médium carte s’est petit à petit imposé comme un outil essentiel dans le travail sur le terrain , comme source d’inspiration pour les lieux à explorer et pour l’identification des différents acteurs et ressources liés au projet.
La démarche étant fondée sur la nécessité d’une mise en contexte et d’un ancrage territorial , nous avons fait évoluer notre outil afin d’en faire un outil de cartographie collaborative. Nous profitons donc de l’atelier de cartographie prévu dans l’après-midi par les membres de HOT pour faire le pont avec OpenStreetMap à travers une démonstration de cet outil : Il s’agit d’une plate-forme web collaborative organisée autour d’une carte basée sur OpenStreetMap, sur laquelle des marqueurs peuvent être apposés et édités de manière aisée par toute personne enregistrée.
Cet outil permettra aux membres de la communauté Jokkofablab de baliser le territoire et de constituer une base d’information utilisable pour la suite du projet. Basé sur des composants libres, son code source sera redistribué sous licence libre afin de permettre son amélioration, sa modification et sa duplication.
4. S’initier à l’art de la cartographie…
La suite de la journée est consacrée à l’atelier Open Street Map animé par Nicolas Chavent, de l’organisme HOT. Après avoir exposé les enjeux de la cartographie open source dans des contextes de crises humanitaires, Nicolas propose une formation plus pratique sur les outils d’Open Street Map. Nous partons donc dans le quartier de JokkoLabs pour géolocaliser des points d’intérêts avec des GPS. Plus tard, nous tenterons de répéter le processus pour des lieux et ressources qui concernent directement le projet FabLab.
Atelier • Aula Cervantes
Retour sur un atelier que nous avons réalisé à l’Aula Cervantes (Institut Espagnol de Dakar) mardi dernier. Le but de ce rendez-vous était de réfléchir avec des acteurs de la promotion culturelle à des utilisations possibles d’un FabLab dans le cadre de la création artistique.
Rencontre avec un Inventeur
Notre journée d’exploration à Thiès nous mène à la rencontre de Mr. Baila Ndiaye, bricoleur de renom, connu jusqu’à Dakar par de nombreux amateurs de mécanique et de prouesses techniques.
Premier contact, on entend un énorme ronflement dans la rue: c’est Baila et son apprenti qui viennent à notre rencontre à bord de «Sindiely 1.0» une voiture de course construite de toutes pièces sur la base d’un moteur de moto – récupéré à la police de la ville. Le châssis est entièrement fait à partir d’éléments de récupération, la fabrication, la mécanique et l’assemblage ont été réalisés ici à Thiès par Baila, c’est une authentique production du terroir.
Chimiste de formation, Baila Ndiaye s’est établi à Thiès après un long séjour à Mulhouse, où il tenait un business de réparation d’appareils électroniques. Passionné par la mécanique et bricoleur de génie, il se consacre depuis quelques années à son activité favorite: concevoir et fabriquer des machines. Baila déborde d’idées et de projets: dans les tiroirs, un ULM (Sakiliba), un tricycle à moteur (Khanedalou) et un tracteur agricole (Goorgoorlou). A Thiès, tout le monde le connaît: il n’a pas d’atelier, et travaille à droite à gauche, tantôt au Lycée Technique, tantôt au centre de formation CFPT où il nous emmène, pour une petite visite. Nous y rencontrons quelques membres de l’équipe pédagogique, qui acceptent de nous faire visiter les lieux et de nous raconter l’histoire du centre. Si les locaux sont ici vastes (plusieurs hangars et salles de cours), le matériel du centre date en majeure partie de l’époque coloniale: « cette perceuse doit avoir l’âge de mon père » blague Baila Ndiaye. Avec ces machines anciennes mais robustes, les étudiants apprennent différents corps de métier touchant à la mécanique (automobile entre autre).
Un enseignant nous montre des démonstrateurs qu’il a conçu pour expliquer à ses élèves le principe d’un moteur à injection. Apprendre en faisant semble être ici une évidence. Le Centre est une ressource pour la ville, et donne des débouchés à de nombreux jeunes: la seule chose qui manque, c’est plus de moyens nous dit-on. Un pôle informatique est en train de se développer. On parle fabrication numérique pour la robotique et l’électronique: ces machines intéressent nos interlocuteurs mais deux questions se posent: l’échelle des objets produits (et leur solidité) et l’approvisionnement en matériaux de base. Un grand nombre des exercices est ici basé sur la réutilisation et la juste combinaison de pièces détachées: on nous montre une voiture à trois roues, «pour le test».
Dans sa pratique, Baila Ndiaye tente en effet d’utiliser un maximum de matériel de récupération, afin de prouver qu’il est possible de produire une voiture locale, adaptée aux besoins sénégalais, et à bas prix. Ce pied de nez aux grands industriels, Baila le réalise par passion et par conviction: « pour ce qui est des machines, c’est comme si je disposais d’un savoir hérité de mes ancêtres, c’est inné… ». Pour lui le partage des connaissances est indispensable pour encourager l’esprit d’initiative et d’entreprise ici. La présence d’une personnalité aussi inspirante est très positive pour le Centre: l’un des formateurs nous dit que Baila a apporté des solutions et de l’inventivité dans la pratique de la mécanique, et qu’il encourage les jeunes à se lancer dans des projets ambitieux. Ici un projet de FabLab prend un autre sens, celui d’inventer et de fabriquer des machines sur mesure pour les nouvelles industries locales. Le prochain projet de Baila Ndiaye est un petit avion, on attend impatiemment de ses nouvelles…
Manufactures de Thiès
Départ pour Thiès avec Karim: aujourd’hui nous avons rendez-vous avec le directeur des Manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs. Un lieu dont nous avons souvent entendu parler, et qui fait partie des plus grandes institutions culturelles au Sénégal. Notre rencontre avec Sidy Seck, directeur des Manufactures, a pour but d’interroger ce que les technologies de fabrication numérique (et éventuellement un atelier sur le modèle d’un FabLab) pourraient apporter à cet artisanat très traditionnel. En effet, Mr Sidy Seck est déterminé depuis le début de son mandat à transformer les Manufactures en un pôle culturel attractif, basé sur l’excellence du savoir-faire, mais aussi sur la création, la formation et l’innovation, dans une logique de cluster / pôle de compétences. Les Manufactures de Thiès ont historiquement un rayonnement sur la ville de Thiès, que le directeur souhaite renforcer.
Au fil de la visite, on nous raconte l’histoire des lieux. Les Manufactures ont été crées en 1966 à l’initiative du Président Sedar Senghor, sur un ancien site militaire, d’où leur aménagement en baraques aérées, entrecoupées de verdure. Dédiées à la tapisserie, les Manufactures avaient pour vocation d’incarner l’art africain moderne, au croisement entre les influences européennes de la colonisation et l’art sénégalais traditionnel. De fait, les premiers tapissiers ont été formés aux Gobelins, puis ont transmis leur savoir-faire aux nouvelles générations. En résulte une pratique étonnante de la tapisserie, unique en Afrique de l’Ouest.
On y fabrique des tapis de sol, des tentures murales, la plupart issues de tableaux peints par des artistes africains. Ces productions ont une grande valeur et sont pour la plupart des cadeaux destinés aux chefs d’état, ambassadeurs, ou particuliers aisés. On nous montre une tenture destinée aux Nations Unies, d’environs 24m2: plus de deux ans de travail sur cette pièce!
Les ateliers sont organisés par étape de travail: Tout d’abord les salles de formation, ou les étudiants-tapissiers font des exercices sur de petits formats. Depuis deux ans, les Manufactures ont initié un programme de formation/insertion afin de renouveler les rangs des artisans-tapissiers. Cette promotion est donc expérimentale. On nous explique qu’un enseignement général est proposé en complément de cours plus centrés sur les arts plastiques (couleur, graphisme, composition) et de la formation technique propre au tissage.
Nous passons ensuite aux salles de tissage, où des artisans réalisent des tentures au sol ou murales. Ici tout est fait à la main sur des métiers à tissés construits dans les années soixante par la compagnie des Chemins de Fer. Structures robustes en acier et bois, indémontables. La laine synthétique est sénégalaise, la laine naturelle est quant à elle est importée de Belgique. Puis, la salle de cartographie, immense. Le travail ici consiste à transposer des peintures en format réduit au format des tentures, par un système de report de points et de cases. Puis on attribue à chaque «zone» un numéro qui désigne sa couleur, et on fabrique une chaîne de couleurs. Il peut y avoir plus d’une centaine de couleurs par tentures, ce qui demande un sérieux travail de mémoire…! En voyant le procédé on comprend que le choix des peintures est crucial car toutes ne sont pas propres au travail de la tapisserie ou du tissage. Une employée nous explique que les Manufactures achètent les œuvres à des artistes, ou répondent à des commandes. Dans tous les cas les tableaux ne sont pas produits en interne, sauf pour les exercices.
On nous emmène pour finir dans une salle d’exposition, construite pour les dimensions des tentures, c’est-à-dire immense! Les oeuvres les plus grandes y sont exposées en hauteur, ce qui permet de les voir avec recul. Dans cette salle, photos et vidéos sont interdites: Mr Sidy Seck nous questionne: qu’est ce qui permettrait de diffuser des images du musée sur Internet sans grande la copie des tableaux, par exemple pour des cartes postales… La question des droits d’auteur, qui sauvegarde la réputation et l’effort de qualité des Manufactures, est parfois en conflit avec le besoin d’une promotion plus large de son activité.
Nous faisons pour finir un tour dans la salle informatique des MSAD. Les enseignants cherchent à intégrer les outils numériques dans la chaîne de production, peut être du côté de l’archivage, et de la numérisation des dessins.

Le bilan de cette visite est extrêmement positif: nous présentons le concept de FabLab aux membres de l’administration, qui sont enthousiastes. En effet, les Manufactures cherchent à développer leur activité en dehors de la tapisserie traditionnelle. Une réflexion est en cours avec une école des Beaux-Arts locale et une association belge pour la promotion du design. Pour Mr. Sidy Seck, l’ambition est double: donner un deuxième souffle aux Manufactures, par une production innovante conservant l’exigence de qualité et d’élite artistique, et renforcer l’impact local de ce lieu hors normes, en y proposant des formations pointues sur le plan technique et numérique. Cela permettrait aussi de désenclaver les Manufactures et, en raison de leur grande capacité d’accueil, de les ouvrir à un public et des activités plus larges. Une belle dynamique au service du développement local, qui ouvre peut être de nouvelles perspectives pour le projet jokko[FabLab]…. A suivre!
Art collectif / Art de récupération
En explorant le OFF de la Biennale de Dakar 2012, nous rencontrons Nicolas de la Carrera, initiateur du festival culturel XEEX. Ces dernières semaines, Nicolas mène un projet de fresques murales dans le quartier de la Médina. Des artistes invités d’un peu partout (étrangers et locaux) échangent avec des habitants et définissent en dessin en commun. L’association fournit la peinture, mais le but est surtout de promouvoir l’embellissement et la propreté dans le quartier. On nettoie les murs, on dégage la rue, puis la fresque se fait à plusieurs mains.
Nous sommes tombés à plusieurs reprises sur œuvres collectives , qui portent souvent un message citoyen: recyclage, propreté, responsabilité… sont les mots d’ordre de Xeex Festival.
Électronique : lieux.
Samedi en fin de journée, nous rendons visite à Mr. Malang Ndiaye, sur les conseils de Mouhamed Wilane. Oncle Malang a 60 ans, il est armurier à la retraite, et patron depuis 5 ans d’une petite entreprise de réparation informatique. Il a construit son atelier lui même au sein de sa maison, surélevé pour protéger le matériel électronique des inondations pendant l’hivernage. La plupart de ses clients sont des anciens collègues de la douane, et son business se développe principalement par le bouche à oreille. Mr Malang Ndiaye est très connu dans le milieu. Il touche au métal et au bois pour tout ce qui est du travail de précision ou d’ajustement. Il répare des appareils hifi ou électroniques, des machines portative (même un marteau piqueur…!), des ordinateurs. Son atelier regorge de pièces détachées en tout genre. Lire la Suite…
Fonderie d’aluminium
Une journée dans Dakar avec Oumar, Mouhamed et Thomas, qui nous ont rejoint sur le projet. Thomas, codeur-informaticien-linguiste, nous vient de Paris pour les deux dernières semaines de la phase de lancement de Jokko[FabLab] à Dakar… et prendre la suite d’Aurélien et Arnaud, rentrés à Paris pour reprendre leurs projets à l’ENSCI. Oumar et Mouhamed sont tous deux informaticiens / développeurs, et membres du réseau de JokkoLabs. Intéressés par le projet, ils ont accepté de jouer le jeu de la «FabLab exploration» avec nous pour les jours à venir.

Au programme: recueillir des infos et des témoignages (photos/vidéos) pour construire un carto des ressources et des compétences autour du DIY électronique à Dakar. Cet outil de travail pour le FabLab pourrait être pérennisé dans la suite du projet.
Première exploration du côté de la récupération d’aluminium. Nous commençons par sillonner un marché où l’on vend des marmites et des passoires typiquement ouest-africaines. Les artisans les reçoivent moulées brutes et les travaillent pour obtenir une surface relativement lisse. On vend également divers objets en tôle (lampes, brûleurs, réchauds, grilles…), en canette (tire-lires, boîtes, cendriers…) et en alu moulé (ustensiles de cuisine, plats, passoires, couvercles, marmites allant jusqu’à 50L)…
Puis on se rend dans la zone de Colobane où l’on fond l’aluminium. En bordure de l’autoroute, les boutiques de vente, où l’on trouve de tout, des outils de bricolage au matériel électronique. Derrière, le quartier est un gigantesque atelier de métal. Prise de contact avec Abou Karim, fondeur, qui pour commencernous rit au nez: les ONG, les associations, les gens qui veulent se renseigner… il en a déjà vu. Visage de français oblige. Il nous invite cependant à faire un tour dans son atelier, et au final nous passons la moitié de la journée avec lui. Abou Karim emploie une dizaine de jeunes dans sa fonderie d’aluminium. Les conditions de travail sont pénibles (chaleur extrême) et risquées (pas d’équipement de protection et possibilité de projection de métal en fusion à tout moment…!), et le rythme de travail est très intense: soit 75kg d’alu fondu par jour pour une centaine de marmites, qui sont ensuite vendues sur les marchés dakarois, ou envoyées dans les villages grâce à des complices sur place.
Abou Karim a 20 ans de métier, il a commencé le métier de fondeur en tant qu’apprenti à 12 ans. Le principe est simple: il achète des sacs de pièces en aluminium récupérées (objet usagés, déchets, pièces de chantier…), les fond et moule de nouvelles pièces, la plupart du temps des ustensiles de cuisine, mais aussi des pièces de moteur, ou à peu près tout ce qu’on veut «… du moment qu’on amène le moule». Il nous confie que le cours actuel du métal est mis à mal par le marché de la récupération à destination de l’Inde ou de la Chine. Ces importateurs (dont nous croisons les conteneurs dans le quartier) achètent le métal plus cher que les «recycleurs» locaux.
Nous suivons le travail de l’aluminium étape par étape: tri des déchets métaliques, puis fusion pendant de longues heures, confection de moules au sol en argile et en sable. Puis moulage d’une trentaine de pièces, cela trois ou quatre fois par jour.
Ferrailles
A la recherche des sites d’approvisionnement en matières premières, nous atterrissons un peu par hasard, vers la route de Rufisque, quartier Colobane, à l’Ouest de Dakar. Cet endroit compte parmi les multiples points d’un circuit de récupération des matériaux vers une deuxième utilisation. Quelqu’un nous explique le principe: des jeunes achètent des objets ou des matériaux en ville (par exemple sur des chantiers de construction, ou tout simplement chez des habitants) et les revendent à des artisans, qui les transforment en nouvelles matières utilisables, afin de les vendre à nouveau.
On produit ainsi le bronze (3500 le kilo, à partir de bougies de voitures, cadenas, clés et autres), l’aluminium, le cuivre etc. Des ouvriers découpent également la tôle de bidon soit pour la stocker à plat, soit pour en fabriquer des fourneaux. Ils achètent le bidons d’origine à 4000, le lavent, le traitent, et le revendent, évidemment plus cher. Dans le même secteur, on trouve à peu près tout ce qui touche à la ferraille, neuf ou d’occasion: tige filetée récupérée sur les chantiers, fil de fer, grillages, barbelés, tôle, ainsi que des pièces mécaniques: crics, pinces, scies, brûleurs à gaz, réchauds, etc.
Notre présence n’étant pas forcément la bienvenue dans ce gigantesque atelier à ciel ouvert, nous n’osons pas trop prendre de photos, et toujours en demandant l’accord des vendeurs.
Village des Arts
Sur les conseils des Jokko-workers, nous nous rendons au Village des Arts, cité dans tous les guides et toutes les galeries comme un des hauts lieux de la création à Dakar.
De l’extérieur, l’espace ne paye pas de mine: perdu entre un immeuble en construction (ou en ruines) et le grand stade de Yoff, le Village ne communique pas forcément sur son activité artistique.
Pourtant l’espace vu de l’intérieur est surprenant. Des baraquements et des allées plantées permettent aux artistes de travailler à la fois à l’extérieur et à l’intérieur, et d’aménager des espaces d’exposition. Plus à l’écart, des cabanes accueillent les ateliers de soudures, de travail du métal et du bois à grande échelle.
Le gérant du Village, Guibril André Diop, nous raconte l’histoire du lieu. Le terrain du Village appartient à l’origine au site de construction du Stade Léopold Sédar Senghor, construit en 1998 par les Chinois. Les baraques étaient à l’origine les logements des ouvriers pendant la construction. Le site a été laissé tel quel après le chantier. Une association d’artistes a alors demandé à récupérer l’espace, ce qui leur a été accordé par le gouvernement. Le deal initial était la gratuité, mais une rotation des artistes résidents tous les 5 ans… On nous confie toutefois que personne n’a quitté le Village depuis sa création!
Nous posons des questions sur l’équipement du village: chaque artisan a son propre matériel, sauf pour les techniques volumiques, ou les machines servent à plusieurs. Le gérant nous dit qu’une initiative de l’Institut Goethe a été lancée il y a quelques années, d’ouvrir un espace partagé accueillant une presse (pour la gravure, litho, etc.). Le projet n’a pas abouti mais les résidents sont plutôt favorables à cette démarche d’équipement partagé.
Nous rencontrons Ahmadou Makhtar Mbaye, connu sous le nom de TITA, peintre reconnu à Dakar pour ses sculptures à base de pâte végétale (graines + sève de baobab). Cet ancien professeur des Beaux Arts nous fait visiter son atelier et nous montre ses réalisations en papier mâché, d’une expressivité impressionnante. Toutes ses oeuvres sont marquées par la même teinte brune très luisante.
Dans l’atelier voisin, un jeune peintre nous raconte son parcours: il a commencé à peindre en suivant l’exemple de son père, il y a 12 ans. Son atelier déborde de couleurs: « Les couleurs, c’est probablement ce qui nous marque le plus, ce qu’on voit le plus (…) Parfois je fait du bleu, mais ça ne me vient pas souvent ». Pour lui l’espace à disposition favorise la démarche artistique personnelle. Le Village des Arts accueille souvent des workshops et des rencontres avec des artistes étrangers, et même parfois des résidents étrangers. L’association promeut également le travail des artistes dakarois en Europe.
Nous rencontrons enfin un groupe de sculpteurs du métal, qui travaillent le bronze coulé, le fer, aussi bien que la tôle des canettes et la tige d’acier. On discute de la manière de valoriser les travaux: le Village des arts est en effet un lieu de travail mais aussi un lieu d’exposition et d’événements, comme dans le cadre de la Biennale des Arts qui se déroule actuellement à Dakar. Un jeune sculpteur insiste sur la différence entre le Village, sous sa forme associative, et les autres lieux dédiés à l’artisanat d’art dans la ville : « Ici c’est un lieu dédié à la création artistique authentique, ailleurs vous trouverez surtout des artisans, c’est-à-dire des vendeurs…»
De fait le Village – que nous visitons à la fin de la journée – dégage une impression de calme et de concentration. Les productions que nous y trouvons ne ressemblent à rien de ce que nous avons vu à Dakar précédemment. La fraîcheur des allées plantées, en contraste avec l’environnement en chantier, ajoute au caractère mystérieux du lieu.

[ Bien commun / Numérique ] Kër Thiossane
Dimanche, après notre visite de l’île de N’gor, nous prenons la route pour Kër Thiossane , rue 269, dans le quartier SICAP LIBERTE 2. Nous arrivons juste à temps pour assister à la conférence réunissant différents artistes (écrivains, plasticiens, rappeurs) autour de la « responsabilité de la création artistique autour de l’en commun ». Les intervenants semblent très impliqués et se retrouvent pour la plupart dans la volonté de créer du partage, du commun, du vivre ensemble qui fait sens. Voici ce que j’ai pu prendre au vol lors de ces échanges :
« Quand on écrit on est seul, seul face à soi même »
« L’écriture m’a permis d’être honnête envers moi même »
« La vie artistique et la vie de l’artiste ce n’est pas la même chose, quand on est un rappeur on se doit d’être un exemple ».
« Nous plantons des arbres desquels nous ne mangerons pas de fruits »
« Que serait notre monde sans technologie? »
« La production du sens »
« Il y a l’homo sapiens sapiens et l’homo shopping-shopping ».
« M’BOK = ceux avec qui tu partage »
Les intervenants questionnent l’environnement dans lequel il interagissent, où leur production artistique essaye de retrouver du sens dans un monde qu’ils remettent en question. Est-ce que le numérique isole et éloigne? Comment créer de « l’en commun » et du partage dans un monde uniquement dicté par le profit et les technologies? Le débat reste ouvert…
de Soumbédioune à la Médina
/ Arnaud /
Jeudi après midi nous prenons la route pour le marché artisanal de Soumbédioune, au Sud-est de Dakar. Ici les commerces proposent essentiellement des objets d’artisanat d’art : masques, statuettes, djembés dans des matériaux nobles comme le bois d’ébène et le teck. La production est encore manuelle, avec des outils de sculpture du bois. Nous y restons peut de temps car notre position d’étrangers nous colle directement l’étiquette « touristes » ce qui ne nous permet pas de parler du projet et de questionner les artisans. Il faudra revenir avec des acteurs locaux pour engager le dialogue différemment et parler de projet sans repartir avec 10 statuettes dans nos besaces.
Nous continuons notre chemin en direction de l’Institut Français situé dans le centre ville. Quelle plaisir de traverser les rues du quartier de la Médina. C’est un lieu à la fois calme et animé, où les gens vivent vraiment dans la rue, et où les artisans ont leur atelier grand ouverts. Un enfant joue dans une bassine d’eau pendant que sa mère fait la lessive et étend le linge, deux hommes peignent une fresque colorée sur le mur extérieur d’une mosquée, une femme cuisine pour sa famille (et non pour la vente). C’est un quartier à échelle humaine, un lieu de vie et non un lieu de commerce, ce qui le rend d’autant plus agréable. Les artisans sont pour la plupart des menuisiers, ébénistes et tapissiers. Ils travaillent des matériaux nobles comme le teck, mais aussi le bois de cagette pour les structures d’assises, de canapés, de contour de lits. Ces acteurs pourraient avoir besoin de ressources matérielles pour la réalisation de leur mobilier.
Description d’un atelier de menuiserie : plusieurs personnes y travaillent simultanément. Chacun semble spécialisé dans une tâche, une étape de fabrication du meuble. Passer les planches à la dégauchisseuse puis au rabot, couper les planches à la scie, assembler (clous, vis), puis sculpter (pour les têtes de lit par exemple). La notion d’ « atelier ouvert » est peut être à garder dans un coin de l’esprit. Travailler dans la rue est une manière de transmettre le savoir, d’échanger avec les passants et de faire vivre la rue. Pourrait-t-on penser un FabLab ouvert sur la rue pour communiquer sur ses activités et offrir une vitrine attrayante pour les habitants et les passants?
/ Laura /
Dans la Medina, le dialogue se noue plus rapidement qu’ailleurs avec les commerçants. On peut poser des questions, toucher les matériaux, prendre des photos. Un sculpteur nous interpelle avec humour « Franchement les Français, revenez parce que maintenant on n’a que du matériel chinois pour travailler et c’est vraiment de la m…! ».
Nous observons les étapes de fabrication des meubles: au début ça ressemble à du bois de caisses directement sorti des marchés, encore couvert des logos des marques d’import-export. Petit à petit le meuble prend forme: couches de mousse, couche de tissu, de mousse en core, coûture. La forme devient classique, européenne: gros fauteuils en simili-cuir, canapés, poufs de goût international. Le mode de fabrication est d’autant plus étonnant à regarder que l’objet devient de plus en plus standard.
Nous trouvons également de nombreux ateliers de réparations de télé, radio, ordinateurs et autres objets électroniques. A explorer prochainement…
Rencontre au PECCS
Aujourd’hui, nous participons à une rencontre organisée par TRIAS Culture au PECCS, organisme de promotion des entreprises culturelles et créatives au Sénégal. Le public est très divers: de nombreux médiateurs et accompagnateurs de projets culturels sont venus des régions (M’Bour, Toubacouta, Rufisque) pour suivre des modules de formation organisés par le PECCS. Il y a également des artistes (vidéastes, musiciens, danseurs, chanteurs), des enseignants en Beaux-Arts, des stylistes, des designers (graphisme, web et produits) et les éditeurs d’un magazine en ligne.
Notre présentation soulève de nombreuses réactions.



























































